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À toi

2 mai 2011

Au fur et à mesure qu’on grandit, on suinte le rouillé. Plus le temps passe, et plus il semble difficile d’entretenir sa toiture. Je me sens comme un sablier donc les grains s’épuisent et égratignent une paroi de verre qui s’embrouille de poussière. Parce que chaque jour passé avec toi m’éloigne encore plus de moi, que je n’ai jamais eu la main verte pour les jeunes pousses, je cultive mon propre jardin d’herbes folles et te laisse te dessécher tout seul. J’aurais rouillé pour toi de toute mon eau salée comme sur les toits parisiens où les persiennes se cachent. Mais voilà, il est loin le temps du désir et de la découverte et maintenant que la géométrie de nos vies est en place, on sait que nos espaces ne formeront pas un bel infini mais plutôt une droite sécante. Ma toiture, je la voudrais charpentée de bois chaud, nourrit de petits vers parasites qui me consumeraient de l’intérieur, comme les papillons dans mon ventre que je guette à chaque coin de toit.

 

Les papillons

25 août 2010

 

Je vomis des insectes, j’ai le cœur en balance entre le sang et l’acier, un goût qui me prend de tout crier. T’as pas la carrure de mes pensées, et même dans le silence de mes draps, tu ne me fais venir pas si facilement. Je cherche, mais tu n’as pas d’odeur, juste celle de ma sueur qui pue les papillons. Je construis des immenses échappées où je m’élance à me claquer contre le mur. Il faut bien que j’arrive à détester ces pages collées et sans avenir, pour les voir pourrir sous mes yeux qui ne veulent plus se mouiller de toi, comme ma fente. Si une seule goutte ne pouvait plus sortir de mon corps : salive, sueur, sang et sécrétion, j’aurais gagné ma bataille des sentiments qui ne transpirent plus. Des abandonnés, voilà ce que nous sommes. Des insatisfaits de nos réels amoureux qui idéalisons un concept déjà compliqué et notre intransigeance fera de nous des esclaves qui ne se trouverons jamais.