Au fur et à mesure qu’on grandit, on suinte le rouillé. Plus le temps passe, et plus il semble difficile d’entretenir sa toiture. Je me sens comme un sablier donc les grains s’épuisent et égratignent une paroi de verre qui s’embrouille de poussière. Parce que chaque jour passé avec toi m’éloigne encore plus de moi, que je n’ai jamais eu la main verte pour les jeunes pousses, je cultive mon propre jardin d’herbes folles et te laisse te dessécher tout seul. J’aurais rouillé pour toi de toute mon eau salée comme sur les toits parisiens où les persiennes se cachent. Mais voilà, il est loin le temps du désir et de la découverte et maintenant que la géométrie de nos vies est en place, on sait que nos espaces ne formeront pas un bel infini mais plutôt une droite sécante. Ma toiture, je la voudrais charpentée de bois chaud, nourrit de petits vers parasites qui me consumeraient de l’intérieur, comme les papillons dans mon ventre que je guette à chaque coin de toit.






