J’ai toujours trouvé l’infinitif plus attirant que le participe passé, trop nostalgique. Ce dont on manque cruellement aujourd’hui est le participe présent, car il semblerait qu’on n’est pas de future. Avec le froid, on est frileux d’idées, on se barricade au chaud, on calfeutre nos émotions, on ne raisonne plus, on transpire des lubies. C’est parce que parfois on ne sait plus de quel pays on prend racine, quand sur la terre où l’on dort il n’y a rien qui pousse que la lassitude et le désintérêt de l’action collective. Alors mon corps oublie qu’il est né ailleurs, qu’il vit ici, que c’est un choix et que les combats ne seront plus les mêmes. Je n’ai pas abandonné, j’ai plutôt été happée par un Nord dont je suis amoureuse et qu’il me semble que je trompe quand je n’y suis plus. J’ai des paralysies d’hiver.
.





