Parfois on ressent de la tristesse, un « état naturel ou accidentel de mélancolie, de chagrin ». C’est juste qu’un grand vide qu’on pensait pouvoir effacer revient. Un temps, on s’occupe les moindres minutes et puis on s’espace, on se distance et la tristesse arrive. C’est qu’on voudrait être ailleurs, loin de ces quatre murs au papier d’avalé, loin de ces briques, de ce jardin en friche, de ces vélos rouillés, de cette télé allumée qui fait du mauvais bruit. On voudrait être là-bas, à côté de ses bras, toucher ses mains, prendre ses yeux, sourire des malentendus, dire oui aux erreurs, comprendre que la mémoire nous joue des tours que seule l’écriture tremblante apaise. Ses souvenirs tricotés tous les jours m’arrivent avec un décalage horaire pris dans les nuages. Parfois c’est la tempête, parfois un franc soleil. Sa présence silencieuse me manque tellement. Elle m’habite de trop loin.
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