Archives de la catégorie : ‘Dans ma rue’

Les cons sommations

23 janvier 2012

J’ai la sagesse d’une veille tortue. Celle qui est rugueuse, qui à la tête moche mais bien pleine et qui sait se carapacer quand ça dérape. Lentement mais sûrement, je m’enlise dans des sables trop chauds. Cette terre me cramera de son changement climatique. Au pays du grand froid, dans un temps de labeur sentimental difficile, les jeunes loups guettent leurs proies. Ce qu’ils savent, ce qu’ils connaissent, c’est la consommation. Ils n’en ont pas conscience, c’est inhérent à leur génération. De sa propre nature, naît une culture. Il est plus plaisant de séduire dix personnes différentes, que de reconquérir dix jours de suite la même personne. C’est surtout moins risqué et plus facile. Le seul mot qui goute bon à la bouche, c’est le jujube du changement. Pourtant parfois, on avait cru voir dans quelque chose de respirable la possibilité d’avoir du temps, d’avancer en vieille tortue, de ne pas se décourager de fatigue, et finalement ne devenir plus qu’un contact de plus sur un cellulaire dont les capacités en Go augmentent toujours plus. On est obèse. On a la mal bouffe des relations-pop/porn : un cinéma, une petite levrette et puis s’en va. Alors on est condamné amour. Mange ton cœur et finis bien ton assiette.

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Infinitif

5 janvier 2012

J’ai toujours trouvé l’infinitif plus attirant que le participe passé, trop nostalgique. Ce dont on manque cruellement aujourd’hui est le participe présent, car il semblerait qu’on n’est pas de future. Avec le froid, on est frileux d’idées, on se barricade au chaud, on calfeutre nos émotions, on ne raisonne plus, on transpire des lubies. C’est parce que parfois on ne sait plus de quel pays on prend racine, quand sur la terre où l’on dort il n’y a rien qui pousse que la lassitude et le désintérêt de l’action collective. Alors mon corps oublie qu’il est né ailleurs, qu’il vit ici, que c’est un choix et que les combats ne seront plus les mêmes. Je n’ai pas abandonné, j’ai plutôt été happée par un Nord dont je suis amoureuse et qu’il me semble que je trompe quand je n’y suis plus. J’ai des paralysies d’hiver.

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