Il était là, le regard dans le vide, les yeux troublés de rouge, les cheveux mêlés, les pieds dans un amas de boue. Il pleuvait. 14 semaines, c’était bien trop pour combattre la maladie et encore se retrouver debout dehors, face à cette stèle solide, un granit, que rien ne pouvait faire bouger, pas même une apocalypse pour glissement de terrain. Des tulipes rouges pourrissaient à ses pieds. Il ne pousserait rien de bien près de cette tombe. Et pourtant, il l’aperçu, timide mais là quand même. Ce devait être une de ces herbes folles, sauvages qui s’adaptent à son milieu. Une brindille éclatante qui paradait dignement au milieu de cette chape de pierre. Preuve que même sur le tombeau de l’éducation, il pousse de quoi de vivant. Il respira profondément, ajusta son carré rouge et se promit qu’il ne graverait pas tout de suite une date de mort sur cette pierre. Il tourna les talons. Il savait qu’il reviendrait chaque jour résigné, de ses cris, de ses discours, de sa volonté, qu’il trouverait la fissure où le souffle de ses paroles s’engouffrerait à faire comprendre qu’un pays à besoin de savoirs, de connaissances, d’inspiration pour ne pas courber l’échine à chaque coup de sabot.
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