J’ai la sagesse d’une veille tortue. Celle qui est rugueuse, qui à la tête moche mais bien pleine et qui sait se carapacer quand ça dérape. Lentement mais sûrement, je m’enlise dans des sables trop chauds. Cette terre me cramera de son changement climatique. Au pays du grand froid, dans un temps de labeur sentimental difficile, les jeunes loups guettent leurs proies. Ce qu’ils savent, ce qu’ils connaissent, c’est la consommation. Ils n’en ont pas conscience, c’est inhérent à leur génération. De sa propre nature, naît une culture. Il est plus plaisant de séduire dix personnes différentes, que de reconquérir dix jours de suite la même personne. C’est surtout moins risqué et plus facile. Le seul mot qui goute bon à la bouche, c’est le jujube du changement. Pourtant parfois, on avait cru voir dans quelque chose de respirable la possibilité d’avoir du temps, d’avancer en vieille tortue, de ne pas se décourager de fatigue, et finalement ne devenir plus qu’un contact de plus sur un cellulaire dont les capacités en Go augmentent toujours plus. On est obèse. On a la mal bouffe des relations-pop/porn : un cinéma, une petite levrette et puis s’en va. Alors on est condamné amour. Mange ton cœur et finis bien ton assiette.
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