Archive pour décembre 2011

Langue

18 décembre 2011

Sa langue était parfaite. Les mots qui en sortaient et les articulations qui s’en dégageaient généreusement déliés. Je marchais dans le froid et pourtant mes mains se cachaient, regardaient sa bouche, son antre qui menait vers un chemin humide. Puis tout devient rose, habillé de soin et de sens. Je pesais chaque milligramme de douceurs. Comme j’étais perdue dans cet espace trop immense pour contenir tout ce que je penserai de lui. Parce qu’on peut être troublé par juste trois centimètres de peau, on peut basculer dans la nuit et finir avec des rougeurs sur tout le corps, plus tellement en dedans, complètement dans un ailleurs qui tant qu’il dure nous fait penser que nous sommes des exilés, des excités, des excentriques et que tout ces classés x font de nous des tragédiens : « des personnages hors du commun en proie à un destin exceptionnel mais malheureux ». Restaient les petits matins où l’on sait que les combats ne sont plus dans les plis des draps mais plutôt dans les creux des pavés. Il est où l’espoir ? Il est dans la langue.

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Super pause

1 décembre 2011

Tout arrive autour de moi, comme des clignotants faiblards, et j’empile les façons sans savoir de quoi le tas aura l’air. Tout rougit à ton contact. C’est que dans cette chambre où nous nous sommes réchauffés, les membres soudain n’avaient plus de chaire. Ils étaient devenus des ligaments s’entremêlant, se figeant et de tous nos spasmes, avaient terminé en lambeaux. Quelle mécanique nous avait appris à réagir dans des rouages s’emboitant si facilement ? Combien de fois nos peaux s’étaient écaillées de tendresse et de tristesse aussi. Dans les draps froissés, je voyais la ville se refléter comme j’apercevais ton visage : si unique et brillant, fidèle à ton esprit. C’est par un dernier reflet que je t’ai abandonné à ton sort : celui de n’être qu’une trêve pour mon corps qui reprit sa raideur et ses déchirures à son réveil. Je ne voulais pas connaître l’ennui de toi.

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