Je suis un très bon caméléon aux multiples bleus. J’encaisse les coups comme on avale de l’air. Et je m’étouffe. Je suis dans l’immobilité de ma vie, à un point de jonction entre la dérive et la berge. J’arrive à peine à ouvrir les yeux pour voir le bleu. Je m’accroche à mon sommeil comme un pavillon de vacances. Je m’écorche les oreilles des railleries de la rue, du bruit que cela saigne, du mal être de tout le monde qui cherche son bien être. Tant que la bulle dans laquelle on se trouve ne sera pas salie par celle des odeurs des autres, nous resterons aériens et sans valeur. Pour la chimie des choses, nous sommes tous fait de matières différentes pour que nos atomes s’accrochent, de décrochent, s’enziment et disparaissent. Notre passage ici ne laissera aucune marque, si ce n’est notre empreinte écologique dans les pertes et profit du champ voisin. Laisserons-nous seulement des détritus qui mettront plus de temps à se désagréger que nos idées, qui elles, folles, ne traverseront que des réseaux de point zéro et point un. La virtualité a mangé notre faim de revendications. Alors, on reste là, à taper ces lettres pour que reste une mémoire vive d’une pensée embrouillée par le désespoir.
.





