Une ombre plane sans soleil. Je la sens, je la vois, je l’entends. Comme le petit souffle de mon cœur accroché à mes flux de nerfs. Je devrais écouter l’ombre, voir ce qu’elle m’apprend, et si son étendue se dissipe ou se dispute. Plonger dedans, la manger et retenir sa saveur. Il ne faut pas avoir peur des ombres, elles prouvent qu’un astre nous écoute et que l’on fonctionne en satellites. Dépendants les uns des autres, avec chacun son orbite, sa vitesse, son ascension. Comme mon cerveau fait des tours oscillants sur lui-même, j’avale l’ombre et j’attends. Ce que me dit l’attente, c’est qu’il est bon de digérer, d’avoir des gazouillis au ventre, d’être dans le trouble. Ça rassure l’assurance. Si ma confiance était une ombre, elle serait un contour flou, aléatoire et sans lendemain. Changeante d’une minute à l’autre, elle s’interromprait parfois pour disparaître et d’un coup et revenir comme une violente évidence. Devrais-je me cicatriser pour être sûr que mon ombre est bien là, qu’elle ne s’évadera pas de si tôt comme un ange gardien qui traine ses ailes dans un bocal ouvert.
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