Archive pour novembre 2011

Ombre

20 novembre 2011

Une ombre plane sans soleil. Je la sens, je la vois, je l’entends. Comme le petit souffle de mon cœur accroché à mes flux de nerfs. Je devrais écouter l’ombre, voir ce qu’elle m’apprend, et si son étendue se dissipe ou se dispute. Plonger dedans, la manger et retenir sa saveur. Il ne faut pas avoir peur des ombres, elles prouvent qu’un astre nous écoute et que l’on fonctionne en satellites. Dépendants les uns des autres, avec chacun son orbite, sa vitesse, son ascension. Comme mon cerveau fait des tours oscillants sur lui-même, j’avale l’ombre et j’attends. Ce que me dit l’attente, c’est qu’il est bon de digérer, d’avoir des gazouillis au ventre, d’être dans le trouble. Ça rassure l’assurance. Si ma confiance était une ombre, elle serait un contour flou, aléatoire et sans lendemain. Changeante d’une minute à l’autre, elle s’interromprait parfois pour disparaître et d’un coup et revenir comme une violente évidence. Devrais-je me cicatriser pour être sûr que mon ombre est bien là, qu’elle ne s’évadera pas de si tôt comme un ange gardien qui traine ses ailes dans un bocal ouvert.

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Thé temps

13 novembre 2011

J’ai pris un thé temps, juste ce qu’il fallait de minutes pour infuser mon monde, le diluer dans de l’ancre ocre et y voir plus claire pendant que mon eau fonçait. Entre deux histoires de peine d’amour, j’ai éventé les herbes, soufflé sur la fumée qui s’envolait de ma tasse et bu de longues gorgées comme on avale des petites fins. Se résoudre à ne pas comprendre, se résoudre à ne pas découdre, se résoudre à rester soluble comme le sucre et de dissoudre dans des flaques d’eau tiède. Tes temps de l’été ont compté pour moi, plus que tu ne crois.

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