C’est sous cette fine dentelle d’araignée, tous ces petits espaces inhabités et traversés par l’air et des idées, que d’un coup je me suis réfugiée. Je trainais des vies pas sûres, des réflexions transpercées de doutes, des questions sans point d’interrogation. Je cherchais un peu de vide pour m’y précipiter et oublier, arrêter mes neurones de fonctionner sous la pression des visages, des tensions du dehors. Les réponses que je ne les ai pas, que je ne les ai plus. Je marchais dans ma tête plutôt que dans la rue et tout s’emmêlait. Si dans mon quotidien tout devenait une bataille, il ne resterait que mes heures de sommeil pour vraiment rêver. Mes luttes étaient devenues si intestines que mon ventre me faisait souffrir : j’angoissais de ne plus pouvoir trouver la force d’avancer, de dire, de lire, d’écrire, de continuer de me surprendre pour faire avancer des impossibles immobiles. Et je connais le silence du monde parfois, quand il n’y a plus d’échos, que rien de raisonne comme on le voudrait. Je souris, c’est l’heure de dormir.
.






