Archive pour octobre 2011

Dans tel…

30 octobre 2011

C’est sous cette fine dentelle d’araignée, tous ces petits espaces inhabités et traversés par l’air et des idées, que d’un coup je me suis réfugiée. Je trainais des vies pas sûres, des réflexions transpercées de doutes, des questions sans point d’interrogation. Je cherchais un peu de vide pour m’y précipiter et oublier, arrêter mes neurones de fonctionner sous la pression des visages, des tensions du dehors. Les réponses que je ne les ai pas, que je ne les ai plus. Je marchais dans ma tête plutôt que dans la rue et tout s’emmêlait. Si dans mon quotidien tout devenait une bataille, il ne resterait que mes heures de sommeil pour vraiment rêver. Mes luttes étaient devenues si intestines que mon ventre me faisait souffrir : j’angoissais de ne plus pouvoir trouver la force d’avancer, de dire, de lire, d’écrire, de continuer de me surprendre pour faire avancer des impossibles immobiles. Et je connais le silence du monde parfois, quand il n’y a plus d’échos, que rien de raisonne comme on le voudrait. Je souris, c’est l’heure de dormir.

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Rose

5 octobre 2011

À défaut d’entreprendre ma migration vers un coin plus chaud, je passe mon tour d’hirondelle. J’ai décidé de prendre l’automne comme nouvel amant. Pourquoi fuir la terre glaise, les feuilles glissantes, l’air maussade des tuques qui poussent sur nos têtes, et la couleur des coquelicots dont on ne se souvient plus, car de toute façon, les coquelicots sont en fleur au printemps. De ces mois-ci, on s’enroule, on se pétalise, on se superpose en couche en patientant l’hiver. On est comme la rose qui sèche au vent, pas encore totalement gercée par le froid, mais immortellement tétanisée, comme un arrêt sur image, une pause en pixels. Posé sur un coin de ciel blanc, on attend, nos pieds dans le mou, on respire l’humidité pour faire pousser nos champignons magiques qui feront naître ces formes délirantes dans nos esprits. L’automne est rose, je vous le dis. J’ai vu ce matin comme un filtre fin de mousseline couvrir tout mon monde, se parer de cette couleur odorante et flotter dans les airs d’un Montréal en demi-sépia. C’est juste le soleil qui réfléchit en rose. J’emmerde les couleurs flamboyantes des bois, je veux vivre dans ma bonbonnière !

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