Je m’ennuie de vous le jour, où pour vous compter en secondes, je taille en moi des lames rouges pour faire pâlir ma déraison. Je m’ennuie de vous la nuit où je m’oblige à avoir froid pour reconnaitre dans mes frissons votre peau qui me hérisse. Je m’ennuie de vous sur cette terrasse, je crève de vos retours à mon port, où vous attachez votre ancre rouillée pour vous déshydrater à finir sec. Je m’ennuie de vous dans ce silence quand vous m’aimez bouche muette, à ne capter que mon corps à la volée sans lire les pauses de mes regards. Je m’ennuie de vous sur cette marelle, où les cailloux jetés au sol rayent de craie les rêves bleus et finissent barbouilles enfantines. Je m’ennuie de vous au paradis, je m’ennuie de vous même en enfer, où les trous bleus de mes yeux vous regardent à vide. Je m’ennuie de vous et cet ennui est ce qu’il y a de plus vivant dans mon amour. Le jour où je ne m’ennuierai plus, je vous aurais perdu. J’ai besoin de vos absences.






