Des anges étaient passés pour ramasser sa mémoire. Avec leurs grandes ailes déployées, en un coup de vent, les souvenirs immédiats s’étaient dispersés en poussière. Confuses, nulles et parsemées, les minutes se disséquaient pour ne jamais plus se reformer. Alors, je me faisais ses mots à travers mes yeux, en lui racontant comment ce passé là n’était que petits bonheurs et qu’il fallait en garder juste l’essence, même si elle était un peu floue. Qu’on se foute de la composition du parfum, tant que celui-ci sente bon. J’enjambais les talus d’histoires récentes pour me plonger avec elle dans ses années folles de jeunesse, et revivre encore les moments de caramel, galettes et cafés au lait sur le coin du foyer, des sucreries dont le goût ne s’effacerait jamais. Les petites poussières lui faisaient éternuer des émotions au souffle chaud, comme la farine avec laquelle on pétrie du bon pain.





