Les plis du lit ont été tirés, la couette secouée et les oreillers remis en place. Comme tout de rien, une nuit s’efface et s’oublie. Je ne sais plus, je ne sais pas comment j’ai vraiment fini dans ces bras là. C’est parce que je ne connais pas la limite à mes amours que je franchis des lignes d’intimité qui ne devraient pas l’être. Je sais que j’ai tord de trop fréquenter les bords de précipices incertains où je risque de tomber. En pleine chute, je ne fais juste que crier, j’attends l’impact et la douleur, mais je suis quand même vivante. Alors je crie tout bas de ne pas trop m’accrocher et à tâtons j’avance, sans pour autant y voir davantage que le bout de mes doigts qui frôle ta peau. Je suis aveugle de toi et je crois bien que je n’ai pas vraiment envie d’y voir. La lumière en plein visage risque de me tuer de contrastes. Comme on voit mieux en pleine nuit et l’on s’aperçoit que le jour est trop sombre.






