La revoilà bientôt la langoureuse, celle qui se faufile entre les draps et qui pique, qui marque sa présence d’une beauté et d’un poison. Se déliant dans l’atmosphère, elle va, comme la menthe-religieuse, atrophier mon aimant, mon insolite, mon tout seul encore ensemble. Des jours que je compte, à profiter de sa diction, de ses mots dits et de ses maux retenus. Une fois la volupté de sa présence retrouvée dans l’atmosphère de chez nous, c’est sûr qu’elle s’en emparera et je regarderai impuissante, le sang crépitant de sel, ce manège recommencer, sans vraiment comprendre pourquoi, là, au fond de ma poitrine, j’ai si mal de son silence. Certaines choses devraient s’évanouir dans l’air comme les parfums capiteux d’une intimité de jouissance. C’est excitant de ne jamais savoir ni de se dire, c’est comme un succédané de délire qui nous aide à tenir la tête haute quand on baisse les yeux en face de celui qu’on voudrait garder pour longtemps et voir se renverser d’émoi dans nos pupilles.





