J’ai comme une envie de ranger l’été au fond du placard, l’enfermer dans un sachet de lavande qui embaumera mon automne de son odeur oubliée : juste une pointe de parfum ici et là pour me rappeler que les jours raccourcissent autant qu’ils ont crûs, que si l’ombre devient plus grande en son temps c’est pour mieux qu’on se nourrisse de la rareté du soleil. Il suffira juste que je respire cette poudre pour me redonner les couleurs du dehors et laisser entrer cette nébuleuse mélancolie qu’on attend comme un amant : avec impatience, envie et regret. L’égratignure d’une vie trop remplie qu’on en oublie de réfléchir. Je cicatrise vite. Je suis une mélancolique rejetée par la tristesse.






