Archive pour août 2010

Les papillons

25 août 2010

 

Je vomis des insectes, j’ai le cœur en balance entre le sang et l’acier, un goût qui me prend de tout crier. T’as pas la carrure de mes pensées, et même dans le silence de mes draps, tu ne me fais venir pas si facilement. Je cherche, mais tu n’as pas d’odeur, juste celle de ma sueur qui pue les papillons. Je construis des immenses échappées où je m’élance à me claquer contre le mur. Il faut bien que j’arrive à détester ces pages collées et sans avenir, pour les voir pourrir sous mes yeux qui ne veulent plus se mouiller de toi, comme ma fente. Si une seule goutte ne pouvait plus sortir de mon corps : salive, sueur, sang et sécrétion, j’aurais gagné ma bataille des sentiments qui ne transpirent plus. Des abandonnés, voilà ce que nous sommes. Des insatisfaits de nos réels amoureux qui idéalisons un concept déjà compliqué et notre intransigeance fera de nous des esclaves qui ne se trouverons jamais.

 

Passerelles

13 août 2010

 

À droite, du rouge, un sens interdit, un arrêt, un sac d’épicerie, une tomate, des rideaux et une tâche sombre. À gauche, du blanc, un amas de neige, une tasse, un navet, une bougie et une flaque. Et au dessus des passerelles. Des passerelles enfumées qui jouent avec l’eau pour éteindre leurs extases. C’est le temps des désirs et des libertés qui ne s’arrêtent pas. Enjamber la surprise et se tailler les pieds sur le bois. Échardes bien plantées dans la chair qui se fait cri. J’ai balancé ma corde de l’autre côté de la crique. Bien attachée, je m’y suis pendue pour m’envoler. Face au sol humide et moi comme suspendu, j’ai perdu toute attache entre ces deux là : je tombe.