Archive pour août 2010

La passe sur elle

31 août 2010

 

Elle était rouillée, toute croche et pas sûr d’elle. J’ai tout de même décidé de la traverser, parce qu’elle surplombait le bonheur. Équilibre dure, elle se balançait à peine, mais d’un coup, elle aurait pu céder sous une plume de poids. Dans cette ombre en son centre, je croyais voir une solution, une bribe de vent sur ma bouche. Alors arrimée de mon mieux, en regardant plus mes pas que mon ciel, j’ai passé au travers de cette ferraille à découvert. De l’autre côté, une ombre bruyante me regardait de son nez : qu’as-tu fait là Alex ? Siller sans scrupule les interdits qui feront de l’équation un total sans réponse. J’ai reculé doucement, rattacher mon âme solide à l’autre rive, celle des certitudes, des rires et des frères. Il n’aurait fallu d’un fils pour que la passerelle ne se casse et brise un début d’harmonie vécue par tous comme une bénédiction.

 

Les alambics

27 août 2010

 

Chauffer, puis refroidir. D’un état à l’autre de ma perception, je me sens comme un alambic rouillé au goût de souffre, qui ne sait plus trop s’il va cracher un délice ou un poison. L’objet de mon désir et si proche du fond de mon verre, que même en y léchant toutes les goutelettes, il ne viendrait pas. La cohabitation de certains liquides peuvent découler en de somptueux mélanges ou d’agréables vomis, tout est question de dosage. Je m’efforce donc de jouer au « rien vu, rien pris », plutôt que de croire que derrière ce regard, il s’en dit long des courtes amours qui s’évanouiront avant de vraiment naître. Pourquoi s’aventurer à de dangeureux cocktails, autant boire le même et finir par ne plus être tout à fait saoul.