Archive pour juillet 2010

Pourquoi Imaginer Et Désirer ?

20 juillet 2010

 

Il avait des pieds d’homme solide. Rien de très joli ni d’extraordinaire. Quand on les voyait, on ne s’exclamait pas : quelle beauté, quelle exactitude des courbes, quelle justesse des ongles, ils sont parfaits ! Sauf que pour moi, les yeux fixés sur ses pieds, ça me murmurait plein de douceurs dans les oreilles, comme quand on est enfant devant un magasin de confiseries. Et du sucre, j’en voulais plein les dents, sur les lèvres et le visage, jusqu’à me couler dans le cou. J’arrivais même à ne plus l’écouter, tellement c’était ses pieds qui me parlaient : s’emmêlant, se touchant, se frottant, se séparant. Il eut fallu pourtant que je décroche mon regard pour le planter dans ses yeux, et là stupeur, l’effet était le même. Entre ses racines et son âme, je ne saurais jamais où mon cœur devrait être. À trop vouloir jongler, j’en avais le mal de l’air.

 

Fan

8 juillet 2010

 

De toutes les excentricités qui m’entourent, la chaleur anodine de ma journée a fini par m’avoir. En relisant cette phrase sans respirer, vous pourrez en saisir toute la teneur. Calée sous un ventilateur, cheveux tournant dans le vent, yeux scrutant le plafond jauni, je rêvasse. Comment se fait-il qu’aujourd’hui je sois capable de me dire que je n’y pense plus tout en y pensant. Car me dire que j’ai arrêté d’y penser, c’est y penser encore. Et soudain la possibilité d’un retour de l’envahisseur m’angoisse. Accroché à ses démons, comme l’araignée qui a tissé cette nuit sa toile devant chez nous, entre fleurs et balcon, il réussit encore à m’effriter le cerveau. Ça y est, je me suis encore écorchée à l’âme. Pour une fois ça ne saigne pas trop en grosses larmes noirâtres en cliché de maquillage qui coule. Ça me pique juste à un endroit du cou, là sur la colonne. Mes yeux se mouillent, trop de vent sous la tempête des hélices…