Qu’est-ce que j’en sais si l’herbe est folle ? C’est moi qui crois, c’est moi qui vois et le gazon me rappelle que j’ai foulé des terres qui étaient perdues d’avance. Et te regarder droit dans les yeux me dire que l’herbe est plus verte ailleurs alors que mon monde est en noir et blanc. Tu voudrais bien que je décroche de cette boue et que comme la silhouette au vent je m’évade, toute évasée et vacillée. Mais je n’y arrive pas, t’es dans mon pré, mon espace clos, mon mètre carré, j’ai du vert dans les yeux quand je te vois, de l’espoir d’une terre fertile. Si l’ombre en silence sèche ses brindilles, mes larmes les réaniment. Ce n’est plus l’herbe qui est folle, c’est simplement moi.






