Archive pour juillet 2010

L’herbe folle

27 juillet 2010

 

Qu’est-ce que j’en sais si l’herbe est folle ? C’est moi qui crois, c’est moi qui vois et le gazon me rappelle que j’ai foulé des terres qui étaient perdues d’avance. Et te regarder droit dans les yeux me dire que l’herbe est plus verte ailleurs alors que mon monde est en noir et blanc. Tu voudrais bien que je décroche de cette boue et que comme la silhouette au vent je m’évade, toute évasée et vacillée. Mais je n’y arrive pas, t’es dans mon pré, mon espace clos, mon mètre carré, j’ai du vert dans les yeux quand je te vois, de l’espoir d’une terre fertile. Si l’ombre en silence sèche ses brindilles, mes larmes les réaniment. Ce n’est plus l’herbe qui est folle, c’est simplement moi.

 

Le poids

25 juillet 2010

 

Qu’est-ce qui pèse le plus lourd ? Cette personne là devant moi à la silhouette enrobée ? Cet homme plus loin longiligne avec son chapeau trop grand sur la tête ? Ce qui pèse le plus lourd aujourd’hui sont les secondes qui viennent de s’appuyer contre mon dos, comme des milliers de fourches qui s’enfoncent et qui font s’écouler une sève au goût amer. Au compteur des kilos, j’en ai pris des tonnes, qui s’évacuent de toute part, fuyant mon corps et désespérant de se faire oublier. Mais comme le sang qui sèche colle à la peau, il y a des cicatrices qu’il faut savoir porter et érafler. Parce qu’elles ne s’effaceront peut-être jamais, vivre avec et les regarder comme faisant partie de soi, d’une histoire. 3,7kg, le poids d’une vie à la naissance. 3,7kg le poids des restes à sa mort.