Archive pour mai 2010

Sushis

9 mai 2010

 

Comme ça détend d’avoir les mains dans le riz collant et de rouler sans considération des sushis. C’est comme une vie qu’on étale, on choisit des mélanges insolites, on resserre le tout et ça prend la forme d’un rouleau long noir et sans fin. Le goût dans la bouche n’est pas mal n’ont plus : avaler ses soucis, les digérer et les ressortir dans le fond de la toilette est un cycle d’épuration qui fait du bien. Et pourquoi pas s’étouffer avec, d’un petit grain coincé entre deux amygdales, qui feront venir des larmes bien méritées qui ont tant de peine à sortir en ce moment. J’aimerai pleurer des larmes de soya pour me libérer de mon samouraï, mais visiblement, sur le combat du tatami, c’est moi qui gagne au jeu du plus sensible. La cuisine est comme la vie : des expériences gouteuses qui se digèrent plus ou moins bien.

 

Ma Respiration Brève

8 mai 2010

 

Je suis sortie de mon anonymat sur un coup de tête pour lui dire que c’était moi Alex Duluth. C’est que cette chose est rare à dire et sortir de l’ombre d’un peut-être doit être comme un point virgule. Comme on dévoile un vieux secret de famille qui fait bonheur. C’est que l’homme au chapeau s’en était posé des questions, que ça bouillonnait là-dessous. Les présentations faites, on a comme un sentiment de fin de partie, avec le lancé de dé qui à fait un double six. La jeu aurait pu continuer longtemps, mais justement je m’essoufflais et ma respiration brève que j’ai pris avant de planter mes yeux dans les siens comme si j’allais lui dire quelque chose d’anodin, n’a pris qu’une seconde pour éclairer le mystère, et un éclat pour voir sa surprise. Perdu de gentillesse, l’homme au chapeau reste fidèle à ce que je sens de lui : un personnage oignon, dont il faut certainement retirer les couches pour en comprendre la teneur et en tirer quelques larmes. Reste des lettres en commun entre nous : (in)connu, (in)visible et (af)fable.