Archive pour mai 2010

Effet loupe

19 mai 2010

Tu consommes. Tu remplis ton pannier de choses utiles, futiles, inutiles. Mais toujours tu sens ce vide. C’est parce qu’il y a des fuites dans ta tête et ton corps. Si elles s’échappent, c’est pour mieux les digérer de nouveau mais en plus mou. C’est comme un cycle infernal, jusqu’à ce que tout disparaisse à force de s’user. Je n’aime pas faire mon épicerie dans les supermarchés, et regarder à la loupe les cochonneries que je mange. Mais pour certains, c’est la seule alternative. Alors on pousse nos chariots et on se tait. Alors on pousse nos chariots et on se plaît.

 

Il Motore

17 mai 2010

C’était mon jour de coupures : le téléphone, le doigt, la job, les cheveux, les morceaux de carottes et l’horizon. Un vendredi comme un autre, où rien de linéaire n’était prévu. Et souvent, c’est dans ces moments hachés que quelque chose survient, qu’on ne s’y attendrait ou attardait pas. Je l’avais revu et pas reconnu, même je l’avais oublié avant ça. Comme la rencontre de certaines personnes entre de longues coupures est étrange. Un étranger qui ne l’est plus vraiment, avec qui on partage 1725 mots en criant un peu, car la musique est forte. Et pourtant, ce même sentiment de sympathie, de fluidité exagérée, de légèreté compacte. Nous étions deux univers qui se percutent et qui jamais ne formeront une bulle. Il m’intriguait.